Arthrose du pouce

Définition

L’arthrose de la base du pouce, encore appelée rhizarthrose, est l’arthrose la plus fréquente de la main et qui peut être très douloureuse.

L’arthrose est l’usure (destruction) du cartilage articulaire. Cette usure est la conséquence du vieillissement normal ou post-traumatique du cartilage.

La rhizarthrose est très fréquente et survient surtout chez la femme. Elle débute le plus souvent vers l’âge de 40 ans avec un pic de fréquence vers 55 ans.

A noter : le traitement médical doit être proposé en première intention sur 6 mois minimum.

Anatomie

La principale articulation de la base du pouce est appelée articulation trapézo-métacarpienne.

Elle se situe entre le trapèze (un os du carpe) et le premier métacarpien (un os du pouce).

Cette articulation est complexe. Elle permet le mouvement d’opposition. Celui ci consiste à positionner le pouce en face des autres doigts et en particulier l’index et le majeur. Cette opposition permet la préhension d’objets petits ou volumineux.

L’usure du cartilage du pouce (rhizarthrose) peut être d’origine dégénérative (par usure mécanique), traumatique (après fracture) ou inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique …).

Examen clinique

La rhizarthrose peut devenir très gênante dans la vie quotidienne entrainant des douleurs, une limitation de la mobilité et une diminution de la force de serrage de la main.
La douleur est souvent au premier plan. Elle se situe à la base du pouce avec parfois des irradiations vers le poignet.
La douleur apparaît surtout lors de l’utilisation du pouce (ouvrir une porte, tourner une clef…) et parfois au repos. Elle peut être permanente ou évoluer par crise.
• L’examen retrouve souvent un gonflement, un craquement ou une instabilité (ressaut). Il s’agit alors d’un début de subluxation (déplacement en arrière) du métacarpien.
• Le pouce s’enraidit et se déforme de plus en plus. Cette déformation est appelée pouce en Z. La préhension est alors très limitée.

Examen complémentaire

Des radiographies spécifiques centrées sur la base du pouce permettent de faire le diagnostic et d’évaluer la gravité de cette arthrose. Il y a différents stades de rhizarthrose. Ces stades permettent de définir un traitement et parfois le pronostic de cette rhizarthrose.
• Les autres examens complémentaires sont le plus souvent inutiles sauf chez le/la patient(e) jeune avec doute diagnostic (radiographies spécifiques douteuses).

Votre traitement

- Traitement médical :

Le traitement médical doit être réalisé dans un premier temps. Il a pour but de soulager temporairement le patient mais ne peut guérir l’arthrose. Il associe :
• les attelles ou orthèses qui immobilisent la colonne du pouce. Elles peuvent être portées la nuit et/ou la journée.

• les antalgiques et anti-inflammatoires en respectant les contre-indications et souvent sous contrôle du médecin traitant.

• l’infiltration de l’articulation malade : il s’agit de l’injection de corticoïdes locaux sous contrôle échographique ou radioscopique.

- Traitement chirurgical :

La chirurgie est le traitement de référence de la rhizarthrose résistant au traitement médical.
Deux types d’intervention chirurgicale sont généralement proposés :
la trapézectomie ou
les prothèses du pouce.

LE PLUS DU CENTRE de la MAIN JULES VERNE : la chirurgie est réalisée habituellement sous anesthésie locale (Walant) ce qui permet un contrôle en temps réel de la stabilité de votre prothèse avec le Dr de Keating hart.

Elle est réalisée en ambulatoire associée ou non à un cathéter anti douleur pour vos 2 premières nuits à la maison.

La technique chirurgicale proposée dépend de l’âge, de l’importance de la destruction articulaire et de la profession.

- La prothèse articulaire  :

L’intervention consiste à remplacer l’articulation arthrosique par une prothèse. Il s’agit d’enlever la partie de l’os qui est déformé ou abîmé et de mettre en place une prothèse. Les prothèses sont en métal chrome/cobalt, titane, …)

Après l’intervention, des pansements sont réalisés pendant 2 semaines. La période d’immobilisation est habituellement assez courte : 15 jours. La rééducation se fait par vos soins avec automobilisation (télécharger la fiche). Parfois des séances de rééducation avec un kinésithérapeute sont nécessaires.

A noter : Ce système de prothèse a déjà fait ses preuves depuis > 10 ans avec de très bons résultats. Elles sont donc utilisées par le Dr de Keating-hart au centre de la main de Jules Verne.

- La trapézectomie :

Elle se réalise en fonction de l’âge et de l’état de la destruction articulaire (destruction importante)

Le geste chirurgical consiste à enlever le trapèze. Ainsi, il n’y a plus de frottement entre les os qui entraînait les douleurs.
On associe à la trapézectomie une ligamentoplastie pour maintenir le premier métacarpien en place. Il s’agit de stabiliser le pouce avec un tendon de voisinage qui est faufilé à la base du premier métacarpien.
Dans les suites de l’intervention, des pansements sont réalisés pendant 2 à 3 semaines. La période d’immobilisation est de trois à six semaines. La rééducation est souvent nécessaire.

Vos suites postopératoires

Les suites opératoires sont différentes après prothèse ou trapézectomie.
La récupération après prothèse est plus rapide, souvent peu douloureuse et la force se récupère plus vite.
La chirurgie prothétique justifie un suivi au long terme car la prothèse peut s’user avec le temps pouvant imposer une reprise chirurgicale.

La récupération après trapézectomie est longue et difficile sur plusieurs mois mais avec un résultat stable au long terme. La force reste souvent déficitaire.

Les complications générales

Générales pour tout acte de chirurgie :

Hématome : qui se résorbe en général tout seul. Il peut nécessiter de façon exceptionnelle une ponction évacuatrice ou un drainage par chirurgie.

L’algoneurodystrophie : ou syndrome douloureux régional complexe (SDRC) est un phénomène douloureux inflammatoire mal compris.
Elle est traitée médicalement et peut durer plusieurs mois voire des années entraînant une prise en charge spécifique avec rééducation, examen complémentaire et traitement contre la douleur (centre antidouleur).
Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.

L’infection profonde : est exceptionnelle. Elle peut nécessiter une nouvelle chirurgie et un traitement par antibiotiques.

Une atteinte nerveuse : le nerf peut être pris dans la fibrose cicatricielle ou être sectionné mais cela reste exceptionnel.

Par contre une sensation diminuée ou une hypersensibilité sur un des doigts concernés peut être observé.

La cicatrice : elle peut reste gonflée et sensible pendant plusieurs semaines avec douleur du talon de la main.

La raideur : elle est peu fréquente et transitoire et nécessite de la rééducation.

La Force : Il y a une perte transitoire de la force qui se récupère après quelques mois mais qui peut rester diminuer définitivement (le ligament du canal carpien est coupée et il y a donc une perte de force associée)

A noter : la liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, lié à l’état local ou à une variabilité technique.
Toutes les complications ne peuvent être listées.

Les complications spécifiques

Les complications des prothèses du pouce :
• La luxation de la prothèse est une complication rare mais qui peut nécessiter une reprise chirurgicale avec remise en place de la prothèse.
• L’usure de la prothèse peut survenir au bout de quelques années et peut nécessiter soit un changement de la prothèse soit l’ablation de la prothèse et réalisation d’une trapézectomie.
Les complications de la trapézectomie :
• Une perte de force est fréquemment rencontrée après ce type de chirurgie
• Une raideur de la colonne du pouce est fréquente mais bien supportée.

Ce qu’il faut retenir

L’arthrose de la base du pouce, encore appelée rhizarthrose, est une arthrose très fréquente qui peut être très douloureuse.
L’arthrose est l’usure (destruction) du cartilage articulaire.

La rhizarthrose peut devenir très gênante dans la vie quotidienne entrainant des douleurs, une limitation de la mobilité et une diminution de la force de serrage de la main.
Le traitement médical doit être réalisé dans un premier temps (orthèses, infiltrations).

Deux types d’intervention chirurgicale sont généralement proposées :
• les prothèses du pouce.
• la trapézectomie.