Prothèse totale de hanche pour arthrose

Prothèse totale de hanche

Vous présentez une anomalie de la hanche : votre chirurgien vous a proposé de mettre en place une prothèse totale de hanche. Ce document se propose de répondre aux questions les plus fréquemment posées concernant cette intervention.
Votre cas personnel demandera bien sûr des explications qui vous seront fournies directement par votre médecin et votre chirurgien. Il s’agit d’une intervention réalisée très régulièrement à LA CLINIQUE JULES VERNE.
La pose des implants est bien codifiée. Plus de 100 000 prothèses de hanche sont posées chaque année en France.
L’objectif de l’intervention est de redonner une hanche indolore et mobile.

Définition

La prothèse de hanche va remplacer la partie malade de votre articulation. La prothèse est composée de 2 pièces :
- une pièce située au niveau du bassin (cotyle),
- une pièce fémorale fixée dans le fémur, Les deux éléments s’emboitant l’un dans l’autre.

Rappel anatomique

Articulation de la hanche

La hanche est l’articulation située entre :
Le bassin, au niveau d’une partie appelée le cotyle, en forme de cupule concave, s’articulant avec la tête du fémur, convexe.
Les deux structures osseuses sont recouvertes de cartilage. L’articulation est entourée d’une capsule articulaire. Autour de cette articulation, de très nombreux muscles puissants assurent la mobilité de la cuisse sur le bassin mais également l’équilibre et la marche.

Physiopathologie

Arthrose de la hanche

Votre hanche fonctionne mal, il s’agit, le plus souvent, d’un problème d’arthrose.
L’arthrose correspond à une altération puis une disparition du cartilage, mettant l’os sous jacent à nu, l’os se déformera progressivement entraînant frottement et altérant le glissement de la tête du fémur dans le cotyle. L’arthrose se développe le plus souvent très lentement mais parfois extrêmement rapidement en quelques mois.
D’autres anomalies de la hanche peuvent amener à la réalisation d’une prothèse totale de hanche : nécrose, fracture, anomalie congénitale de hanche (dysplasie) ou maladie inflammatoire.

Les conséquences de cette usure

L’usure crée :
- de la douleur, souvent au pli de l’aine, à la cuisse, à la fesse, voire au niveau du genou, les douleurs surviennent parfois la nuit, au dérouillage matinal, mais le plus souvent lors du mouvement.
- de la raideur , gênant également la marche, le chaussage, la pratique des escaliers, créant une gêne pour se relever d’un fauteuil, d’une voiture.
- le périmètre de marche se réduit avec parfois nécessité de prise d’une ou deux cannes. Une raideur peut retentir à distance, donnant des douleurs du genou ou de la zone vertébrale lombaire. De nombreux questionnaires fonctionnels existent et seront peut-être utilisés par votre chirurgien pour qualifier et quantifier votre gêne fonctionnelle (indice de Lequesne).

Bilan d’imagerie

Radiographie d’une arthrose de la hanche

Arthrose secondaire à une dysplasie

Des radiographies de la hanche, du bassin, voire des genoux et de la colonne lombaire sont souvent nécessaires pour évaluer, non seulement l’état local de l’usure, mais également votre état général articulaire. Parfois, lorsqu’il existe plusieurs pathologies associées, les médecins demanderont des examens plus complexes : scanner, IRM pour qualifier : os, cartilage, capsule, ligaments périphériques, muscles.

Kinésithérapie/sport

La pratique d’une activité physique permet, si la douleur est encore faible, d’entretenir votre condition générale. A un stade plus avancé, la kinésithérapie, la balnéothérapie sont souvent d’un apport de grande qualité. Néanmoins, l’ensemble de ces traitements ne permet pas de s’opposer à l’aggravation de l’usure.

Traitement chirurgical

Le temps de la chirurgie souvent s’impose de lui-même au patient du fait de l’aggravation de son handicap, de la douleur, de la raideur, de l’impotence fonctionnelle, de la gêne nocturne, voire de la perte d’autonomie. C’est l’avis coordonné de votre médecin, de votre chirurgien, en accord avec le vôtre, qui fixera la meilleure date pour ce geste chirurgical ; et ceci en fonction de votre âge, de votre état général, des patholgies associées, de votre état articulaire global, de votre autonomie, de votre entourage.

Les principes thérapeutiques

Dans de très rares cas actuels, l’arthrose de hanche peut bénéficier de traitements chirurgicaux différents de la prothèse totale de hanche : butée cotyloïdienne, réaxation de l’extrémité supérieure du fémur ou bassin pour augmenter les surfaces portantes efficaces de votre articulation ; voire arthroscopie de hanche dans des cas tout à fait particuliers préarthrosiques.

Principes de l’intervention

Le remplacement des surfaces usées : au niveau du cotyle et au niveau de la tête du fémur. Les prothèses totales de hanche sont globalement toutes réalisées sur le même modèle :
- une pièce en forme de cupule fixée au niveau du bassin,
- une pièce fémorale composée d’une tige surmontée d’un col puis d’une tête, les deux pièces s’emboitent l’une dans l’autre et produisent, sous l’effet des muscles, une mobilité dans les 3 axes.

La fixation des pièces

En fonction de la qualité de l’os, les pièces du cotyle et du fémur sont :
- soit impactées à force et d’emblée stables (stabilité primaire) ; ces pièces sont granuleuses en surface ce qui permet à l’os de repousser dans cette structure superficielle dans les mois postopératoires assurant une stabilité parfaite (stabilité secondaire).
- parfois, si l’os est ostéoporotique ou de forme particulière, les pièces peuvent être cimentées à l’aide d’un ciment acrylique assurant d’emblée, une stabilité primaire totale.

Les matériaux de fixation

Différents types de prothèses

Différents matériaux sont utilisés pour les pièces fémorales et cotyloïdiennes, les matériaux sont testés depuis de très nombreuses années et font l’objet de contrôle extrêmement rigoureux.

Les matériaux des pièces de fixation

Les pièces sont en titane pour les prothèses impactées, elles sont en acier inoxydable pour les pièces cimentées fémorales, voire en polyéthylène haute densité réticulée pour le cotyle.

Les matériaux des pièces articulaires

Les surfaces prothétiques purement articulaires sont réalisées pour produire le moins d’usure possible. Différents couples de frottement sont donc possiblement utilisés en fonction du cas de chaque patient :
- le couple tête fémorale en acier et cotyle en polyéthylène est le plus anciennement utilisé, donne d’excellents résultats, produisant une usure à 15 ans.

Les couples les plus fréquemment utilisés actuellement :
- céramique/polyéthylène,
- céramique/céramique offrent une usure minimale.

Chaque couple présente des avantages et des inconvénients.
- le couple métal/métal n’a jamais été utilisé à la CLINIQUE JULES VERNE

Les alternatives au traitement chirurgical

En cas d’absence de traitement, la douleur et la raideur s’aggravent,saboutissant généralement à une impossibilité de marcher.

Dans la période préopératoire

À l’aide de radiographies et de calques, la taille de la prothèse est déterminée avant l’intervention

Une information importante sur l’intervention vous sera délivrée ; Une date opératoire fixée ; votre consentement éclairé
à la pratique du geste chirurgical vous sera demandé par écrit. Vous bénéficierez ensuite d’un bilan complet :
- consultation d’anesthésie. L’anesthésiste prescrira les examens les plus adaptés à votre état de santé.
- consultation de cardiologie.

Bilan anti-infectieux :
- il est indispensable que vous soyez exempt de tout foyer infectieux à la date de la réalisation de l’intervention chirurgicale. Votre état cutané doit être parfait au niveau de l’ensemble du membre inférieur opéré. Toute mycose des plis, lésion cutanée, ongle incarné doivent être traités. En fait, toute infection à distance de la hanche peut parfaitement se propager par voie sanguine, infecter la prothèse et avoir de graves conséquences. Le document réalisé par le Lien (association des consommateurs) et la SOFCOT explique les risques aggravés des infections nosocomiales dues à l’état préopératoire du patient.
- un bilan dentaire auprès de votre dentiste+radio panoramique dentaire vous sera proposé,
- un examen urinaire réalisé au minimum 3 semaines avant l’intervention sera également réalisé,
- un bilan radiographique spécifique préopératoire sera nécessaire pour calculer les tailles de la stratégie per opératoire.

Transfusion sanguine

Le médecin anesthésiste est en charge, dans notre établissement, de ces questions. En préopératoire, l’anesthésiste pourra parfois prescrire de l’EPO pour doper votre masse sanguine. En per opératoire, vous ferez l’objet, le plus souvent d’une récupération du sang épanché puis d’une réinjection de ce sang filtré concentré. La PTH est une intervention qui procure un saignement parfois important pouvant nécessiter la réalisation de transfusion sanguine.

Hospitalisation

Lors de votre entrée à la clinique, la veille de l’opération, vous bénéficierez d’une préparation cutanée antiseptique par douches régulières et multiples. L’intervention chirurgicale aura une durée variable en fonction de la spécificité de chacun, un séjour en salle de réveil prolongé est justifié pour permettre la réinjection du sang (self saver).

Réalisation de l’intervention

Stérishield

Voie d’abord

 Fraises nécesaires à la préparation du cotyle

Fraisage

Mise en placedu cotyle prothétique

Mise en place de latige fémoral

Aspect final

L’intervention dure habituellement plus d’une heure et ceci en fonction de la complexité opératoire de chaque cas. Voies d’abord opératoires : plusieurs voies d’abord chirurgical de la hanche sont envisageables selon les habitudes de chaque chirurgien. Les voies chirurgicales postérieures sont les plus souvent réalisées.

Les suites post opératoires

Certaines consignes sont à respecter afin de limiter le risque de luxations

Votre séjour en clinique sera d’environ une semaine. Le 1er jour postopératoire vous serez le plus souvent assis, voire levé Le 2ème jour postopératoire, vous reprendrez la marche en appui partiel avec cannes anglaises. Les jours suivants, vous bénéficierez de soins infirmiers.
Lutte contre la douleur :
Le plus souvent la douleur est assez faible en postopératoire pour ce type de chirurgie. Vous ferez l’objet d’une évaluation particulière, individualisée de votre douleur, selon un protocole mis en place par le CLUD (comité de lutte contre la douleur) de la CLINIQUE JULES VERNE. Prévention d’une phlébite (formation d’un caillot de sang au niveau d’une veine de la jambe) par la prise de médications par voie orale ou en injections sous cutanées, associées à la mise en place de chaussettes de contention.
Fonctions :
la reprise de la marche s’effectue avec cannes anglaises, en appui partiel avec l’aide des kinésithérapeutes.

Sortie kiné

En fonction de l’état général, des pathologies associées, du degré d’autonomie du domicile, le plus souvent un retour à domicile est privilégié.

La prise en charge est généralement très simple :
- des antalgiques suffisants sont prescrits,
- des anticoagulants sont prescrits pour 42 jours selon les conférences de consensus médical,
- des soins infirmiers sont prescrits pour 15 jours pour la plaie opératoire,
- une kinésithérapie sera prescrite en mobilisation de la hanche et apprentissage de la marche,
- des cannes sont proposées sur 4 semaines,
- une visite du médecin traitant est justifiée 8 jours après la sortie de la clinique, pour s’assurer le l’état général, du niveau de l’antalgie, de la plaie opératoire, de l’efficacité des anticoagulants.
- un rendez-vous de consultation avec radiographie est prévue généralement à 6 semaines postopératoires à LA CLINIQUE JULES VERNE auprès de votre chirurgien.
- reprise de l’automobile et de la conduite s’effectuant dans la 6ème semaine postopératoire,

Maison de convalescence et rééducation :
Les séjours en convalescence se justifient en fonction de l’autonomie de chacun, de l’entourage humain et familial, de l’accessibilité aux soins, mais également, en fonction de l’ensemble des pathologies associées, de l’âge et de la complexité du geste chirurgical. L’obtention d’un séjour en convalescence est maintenant le plus souvent soumis à autorisation attribuée par la Tutelle (ARS), les conditions sont donc extrêmement réglementées, la situation de chacun est donc analysée dès le préopératoire, de nombreuses semaines avant le geste opératoire.

Risques et complications de l intervention

Les complications sont rares. Il ne faut pas oublier que dans la grande majorité des cas, une prothèse totale de hanche permet de reprendre une vie normale avec reprise de l’autonomie, disparition des douleurs, récupération d’une grande mobilité de hanche. L’amélioration se fait alors et sur la hanche, sur le genou et sur les douleurs lombaires. L’autonomie permet de récupérer une vie de loisirs fonctionnelle satisfaisante. Néanmoins, les complications sont toujours possibles. Elles vous seront au mieux exposées par le chirurgien.

Sans pouvoir être exhaustif, les complications suivantes peuvent être retrouvées :
1/Complications précoces :
**localement :
*Un hématome, souvent banal, peut se résorber de lui-même en quelques semaines, peut parfois nécessiter une ré-intervention pour évacuation chirurgicale.

*une désunion cutanée peut demander une reprise

*l’infection
Malgré toutes les précautions préopératoires, une infection nosocomiale est toujours possible. Les statistiques varient selon un écart de 0.5 à 5%. Il faudra la redouter devant une élévation de la température, une rougeur excessive de la cicatrice, voire un écoulement par la cicatrice. Cela nécessiterait un geste chirurgical de reprise, de nettoyage, voire de changement des pièces prothétiques, avec surveillance prolongée et antibiothérapie. Notre service et LA CLINIQUE JULES VERNE possèdent les compétences pour le suivi de ces interventions, un CLIN (Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales) existe, des protocoles sont établis, un réseau médical est contracté avec des collègues infectiologues.

*Une luxation (déboitement) de la prothèse, du fait d’un faux mouvement peut se produire, pour les éviter, un enseignement kinésithérapique vous sera prodigué à la clinique puis à domicile contre les mouvements luxants. Un livret d’information vous sera remis à cet effet, une attention particulière à ce problème vous sera nécessaire, même sur le long terme, plusieurs mois ou plusieurs années après le geste chirurgical.
Toute luxation de prothèse demandera un geste de réduction sous anesthésie générale.

**De façon régionale :
* une phlébite (fixation d’un caillot sanguin dans une des veines du membre inférieur), peut même survenir alors qu’un traitement systématique anticoagulant associé au port de chaussettes de contention est donné. Le traitement nécessitera une augmentation des doses d’anticoagulants avec alors un risque aggravé de saignement. Le traitement de la phlébite est indispensable contre la survenue secondaire d’embolie pulmonaire. Le premier lever sera alors retardé, les anticoagulants pris sur plusieurs mois.

*De façon exceptionnelle : une embolie graisseuse (migration de moelle osseuse pendant l’implantation de la prothèse) paralysie d’un nerf du membre opéré, fracture du fémur ou de cheville, escarre due à la position allongée en postopératoire, aggravation d’une artérite du membre inférieur.

**Des complications plus générales en fonction de l’état de chacun : infection de la vésicule biliaire, troubles digestifs, perforation digestive, confusion, accident vasculaire cérébral. Le décès est donc possible dans les suites d’une ou plusieurs complications graves associées.

2/Complications secondaires :
*les luxations de hanche sur PTH sont donc toujours possibles, ossifications autour de la prothèse pouvant diminuer les mobilités de hanche *douleurs résiduelles péri-articulaires gênant la reprise d’une autonomie ; boiterie ,inégalité de longueur des membres inférieurs ,algoneurodystrophie.
Syndrome douloureux régional complexe complications mécaniques :
- usure prématurée prothétique,
- fracture des implants, bruits particuliers, craquements peuvent parfois faire l’objet d’un nouveau bilan spécifique, voire d’un changement prothétique partiel ou total, prématuré.
- descellement des implants : par usure, par traumatisme, par infection tardive.
C’est pourquoi votre chirurgien vous proposera une surveillance régulière dans les années qui suivront l’implantation. Des bilans radiographiques comparatifs vous seront demandés. Il s’agit de pièces mécaniques qui doivent donc être surveillées.

Vie après une prothèse totale de hanche

La prothèse de hanche redonne en grande majorité une articulation indolente, une mobilité proche de la normale. Il faut 3 à 6 mois pour obtenir un résultat optimal. Quelques inconvénients peuvent persister :
-  douleur, difficulté au démarrage après position assise prolongée, il est toutefois possible de vivre pratiquement normalement avec une prothèse de hanche.
-  la pratique d’activités sportives est possible : Marche prolongée, natation, vélo, tennis. La course à pied n’est pas à privilégier du fait des impacts répétitifs. L’entraînement physique est par contre toujours favorable à la conservation de l’autonomie.

Conclusion

La mise en place d’une prothèse totale de hanche est une intervention réalisée de façon très régulière à la CLINIQUE JULES VERNE. Un protocole préopératoire très rigoureux est nécessaire afin d’obtenir une qualité de résultat et une sécurité du geste opératoire. L’information ne remplace pas l’ensemble des questions particulières que vous pourrez poser directement à votre chirurgien lors des différents entretiens que vous aurez avec lui pour préparer le geste chirurgical et le recueil de votre consentement éclairé.